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des articles experts et accessibles pour comprendre ce qui vous freine et commencer à bouger.

La sur-responsabilisation

Quand porter trop devient une évidence et que personne ne s'en rend compte.

 

Derrière la difficulté à poser ses limites, il y a rarement un seul facteur.

Parmi les mécanismes que je rencontre, celui-ci est l'un des plus difficiles à repérer. Non pas parce qu'il est complexe. Mais parce qu'il ressemble tellement au quotidien qu'on finit par ne plus le voir.

 

Cet article fait partie d'une série. Si vous n'avez pas encore lu l'article d'introduction, vous pouvez commencer par là : Quand le corps dit stop avant que la tête l'accepte

 

Ce que l'on observe en surface

 

Certaines personnes ont un réflexe particulier.

Lorsqu'un problème apparaît, elles pensent immédiatement à la solution. Lorsqu'une tâche reste en suspens, elles commencent déjà à réfléchir à la manière de la prendre en charge. Lorsqu'une difficulté émerge dans une équipe, dans une famille ou dans un couple, elles sentent presque instantanément qu'il va falloir faire quelque chose.

 

Pas parce qu'on leur a demandé. Pas parce que c'est officiellement leur rôle. Simplement parce que leur attention se dirige naturellement vers ce qui doit être porté.

 

Avec le temps, cela devient un automatisme.

"Je vais le faire." "Je vais gérer." "Ce sera plus simple."

Et à force de fonctionner ainsi, une question finit par disparaître : "Est-ce vraiment à moi de porter cela ?"

On ne se vit pas comme quelqu'un qui en fait trop. On se vit comme quelqu'un qui fait ce qu'il faut faire.

 

C'est précisément ce qui rend ce mécanisme si difficile à repérer.

 

Les mécanismes qui alimentent cette posture

 

L'automatisme du porteur

La sur-responsabilisation opère souvent sans conscience. La personne ne décide pas de tout prendre en charge. Elle le fait naturellement, avant même d'avoir eu le temps de réfléchir à qui d'autre pourrait le faire.

 

Ce n'est pas de l'ego. Ce n'est pas un manque de confiance envers les autres. C'est un réflexe ancré qui s'est construit au fil du temps et qui s'active avant même que la question de la limite ne se pose.

 

Le rôle de sauveur

Chez certaines personnes, un autre mécanisme est également présent : la conviction, souvent inconsciente, que ne pas agir reviendrait à abandonner quelqu'un. Que dire non serait laisser tomber.

 

Dans ce schéma, porter n'est plus seulement un réflexe. Cela devient presque un devoir. Se retirer donne l'impression de trahir une personne, une équipe, une mission.

 

Ce sentiment est réel. Et c'est précisément ce qui le rend difficile à remettre en question.

 

La normalisation

Puis il y a un troisième mécanisme, plus silencieux encore.

Normal de gérer. Normal d'anticiper. Normal d'absorber. Normal d'être celui ou celle sur qui tout repose.

 

À force de porter, on commence à considérer cette charge comme normale. Puis on finit parfois par croire qu'elle est indispensable. Comme si lâcher revenait à abandonner. Comme si ralentir était déjà une forme de démission.

Et lorsque cette croyance s'installe, poser une limite ne ressemble plus à un choix. Cela ressemble à une faute.

 

Ce que ça donne quand on commence à le voir

 

Une des personnes que j'ai accompagnées fonctionnait exactement dans ce registre. Professionnellement, elle portait énormément : les dossiers collectifs, les projets, les tensions de son environnement, les sujets que personne ne voulait vraiment prendre.

 

Elle avançait. Elle gérait. Elle tenait.

Ce n'est pas l'épuisement qui lui a permis de voir ce mécanisme. C'est le coaching.

En regardant de plus près, elle a réalisé que l'idée même de déléguer la mettait mal à l'aise. Pas parce qu'elle doutait des autres. Mais parce qu'elle avait le sentiment d'abuser. De se décharger. De ne pas faire sa part.

 

Mais ce qu'elle n'avait pas encore vu, c'est que cette posture avait aussi un coût. À force de tout porter, elle avait progressivement laissé de moins en moins d'espace aux autres. Et dans sa vie personnelle, le mouvement inverse s'était installé. Les décisions du quotidien, les projets, les choix importants avaient peu à peu été laissés à son conjoint. Ce qui ressemblait à du repos était en réalité devenu une forme de dépendance silencieuse.

 

Le travail n'a pas consisté à lui apprendre des techniques. Il a consisté à rendre visibles ces mécanismes, comprendre d'où venait ce besoin de porter, identifier ce qui lui appartenait réellement, et commencer à reposer ce qui ne lui appartenait pas.

 

Parce que comprendre est une étape. Mais ce n'est pas une fin en soi.

 

Une fois cette compréhension en place, le vrai travail a commencé. Apprendre à laisser de l'espace aux autres. À dire non sans culpabilité. À déléguer sans avoir l'impression d'abandonner. À reprendre sa place là où elle l'avait progressivement laissée.

 

Pas du jour au lendemain. Mais un pas après l'autre.

 

Pourquoi comprendre vient avant agir

 

Tant que le mécanisme reste invisible, les injonctions à déléguer restent difficiles à appliquer. On continue à croire que porter est nécessaire. Que porter est normal.

Ce qui permet de sortir de ce schéma, c'est d'abord de le voir. Puis d'agir, de manière ciblée, pas à pas, dans le quotidien, jusqu'à ce que porter ne soit plus un automatisme.

 

Et vous ?

 

Vous reconnaissez-vous dans l'un de ces mécanismes ? Cet automatisme qui vous fait porter sans même vous poser la question ? Cette impression que si vous ne le faites pas, personne ne le fera ? Cette difficulté à distinguer ce qui vous appartient de ce qui appartient aux autres ?

 

La question n'est peut-être pas : "Comment apprendre à déléguer ?"

La question pourrait être : "Qu'est-ce qui me fait croire que c'est à moi de porter cela ?"

C'est souvent là que le travail commence vraiment.

 

Si quelque chose dans cet article a résonné, c'est le bon moment pour que l'on se parle.

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→ Cet article fait partie d'une série sur les mécanismes qui rendent difficile le fait de poser ses limites. Retrouvez l'article pilier ici : Quand le corps dit stop avant que la tête l'accepte et le premier mécanisme ici : La relation à l'autorité

 

*Le cas mentionné dans cet article est partagé avec l'accord de la personne concernée. Les détails permettant de l'identifier ont été modifiés pour préserver sa confidentialité.

La sur-responsabilisation

Quand porter trop devient une évidence et que personne ne s'en rend compte.

 

Derrière la difficulté à poser ses limites, il y a rarement un seul facteur.

Parmi les mécanismes que je rencontre, celui-ci est l'un des plus difficiles à repérer. Non pas parce qu'il est complexe. Mais parce qu'il ressemble tellement au quotidien qu'on finit par ne plus le voir.

 

Cet article fait partie d'une série. Si vous n'avez pas encore lu l'article d'introduction, vous pouvez commencer par là : Quand le corps dit stop avant que la tête l'accepte

 

Ce que l'on observe en surface

 

Certaines personnes ont un réflexe particulier.

Lorsqu'un problème apparaît, elles pensent immédiatement à la solution. Lorsqu'une tâche reste en suspens, elles commencent déjà à réfléchir à la manière de la prendre en charge. Lorsqu'une difficulté émerge dans une équipe, dans une famille ou dans un couple, elles sentent presque instantanément qu'il va falloir faire quelque chose.

 

Pas parce qu'on leur a demandé. Pas parce que c'est officiellement leur rôle. Simplement parce que leur attention se dirige naturellement vers ce qui doit être porté.

 

Avec le temps, cela devient un automatisme.

"Je vais le faire." "Je vais gérer." "Ce sera plus simple."

Et à force de fonctionner ainsi, une question finit par disparaître : "Est-ce vraiment à moi de porter cela ?"

On ne se vit pas comme quelqu'un qui en fait trop. On se vit comme quelqu'un qui fait ce qu'il faut faire.

 

C'est précisément ce qui rend ce mécanisme si difficile à repérer.

 

Les mécanismes qui alimentent cette posture

 

L'automatisme du porteur

La sur-responsabilisation opère souvent sans conscience. La personne ne décide pas de tout prendre en charge. Elle le fait naturellement, avant même d'avoir eu le temps de réfléchir à qui d'autre pourrait le faire.

 

Ce n'est pas de l'ego. Ce n'est pas un manque de confiance envers les autres. C'est un réflexe ancré qui s'est construit au fil du temps et qui s'active avant même que la question de la limite ne se pose.

 

Le rôle de sauveur

Chez certaines personnes, un autre mécanisme est également présent : la conviction, souvent inconsciente, que ne pas agir reviendrait à abandonner quelqu'un. Que dire non serait laisser tomber.

 

Dans ce schéma, porter n'est plus seulement un réflexe. Cela devient presque un devoir. Se retirer donne l'impression de trahir une personne, une équipe, une mission.

 

Ce sentiment est réel. Et c'est précisément ce qui le rend difficile à remettre en question.

 

La normalisation

Puis il y a un troisième mécanisme, plus silencieux encore.

Normal de gérer. Normal d'anticiper. Normal d'absorber. Normal d'être celui ou celle sur qui tout repose.

 

À force de porter, on commence à considérer cette charge comme normale. Puis on finit parfois par croire qu'elle est indispensable. Comme si lâcher revenait à abandonner. Comme si ralentir était déjà une forme de démission.

Et lorsque cette croyance s'installe, poser une limite ne ressemble plus à un choix. Cela ressemble à une faute.

 

Ce que ça donne quand on commence à le voir

 

Une des personnes que j'ai accompagnées fonctionnait exactement dans ce registre. Professionnellement, elle portait énormément : les dossiers collectifs, les projets, les tensions de son environnement, les sujets que personne ne voulait vraiment prendre.

 

Elle avançait. Elle gérait. Elle tenait.

Ce n'est pas l'épuisement qui lui a permis de voir ce mécanisme. C'est le coaching.

En regardant de plus près, elle a réalisé que l'idée même de déléguer la mettait mal à l'aise. Pas parce qu'elle doutait des autres. Mais parce qu'elle avait le sentiment d'abuser. De se décharger. De ne pas faire sa part.

 

Mais ce qu'elle n'avait pas encore vu, c'est que cette posture avait aussi un coût. À force de tout porter, elle avait progressivement laissé de moins en moins d'espace aux autres. Et dans sa vie personnelle, le mouvement inverse s'était installé. Les décisions du quotidien, les projets, les choix importants avaient peu à peu été laissés à son conjoint. Ce qui ressemblait à du repos était en réalité devenu une forme de dépendance silencieuse.

 

Le travail n'a pas consisté à lui apprendre des techniques. Il a consisté à rendre visibles ces mécanismes, comprendre d'où venait ce besoin de porter, identifier ce qui lui appartenait réellement, et commencer à reposer ce qui ne lui appartenait pas.

 

Parce que comprendre est une étape. Mais ce n'est pas une fin en soi.

 

Une fois cette compréhension en place, le vrai travail a commencé. Apprendre à laisser de l'espace aux autres. À dire non sans culpabilité. À déléguer sans avoir l'impression d'abandonner. À reprendre sa place là où elle l'avait progressivement laissée.

 

Pas du jour au lendemain. Mais un pas après l'autre.

 

Pourquoi comprendre vient avant agir

 

Tant que le mécanisme reste invisible, les injonctions à déléguer restent difficiles à appliquer. On continue à croire que porter est nécessaire. Que porter est normal.

Ce qui permet de sortir de ce schéma, c'est d'abord de le voir. Puis d'agir, de manière ciblée, pas à pas, dans le quotidien, jusqu'à ce que porter ne soit plus un automatisme.

 

Et vous ?

 

Vous reconnaissez-vous dans l'un de ces mécanismes ? Cet automatisme qui vous fait porter sans même vous poser la question ? Cette impression que si vous ne le faites pas, personne ne le fera ? Cette difficulté à distinguer ce qui vous appartient de ce qui appartient aux autres ?

 

La question n'est peut-être pas : "Comment apprendre à déléguer ?"

La question pourrait être : "Qu'est-ce qui me fait croire que c'est à moi de porter cela ?"

C'est souvent là que le travail commence vraiment.

 

Si quelque chose dans cet article a résonné, c'est le bon moment pour que l'on se parle.

Réserver mon appel découverte

→ Cet article fait partie d'une série sur les mécanismes qui rendent difficile le fait de poser ses limites. Retrouvez l'article pilier ici : Quand le corps dit stop avant que la tête l'accepte et le premier mécanisme ici : La relation à l'autorité

 

*Le cas mentionné dans cet article est partagé avec l'accord de la personne concernée. Les détails permettant de l'identifier ont été modifiés pour préserver sa confidentialité.